Le Maroc fortement mobilisé pour réussir sa COP22 de Marrakech

latribune.fr | avril 25, 2016


Depuis qu’en décembre dernier Marrakech a été choisie pour accueillir la COP 22 en novembre prochain, les Marocains s’activent sans relâche. Pour eux, l’enjeu n’est pas seulement environnemental, il est aussi diplomatique, économique et d’image.

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Réussir la COP22 est le grand défi marocain de cette année 2016. Le royaume alaouite, devenu en quelques années un maître dans l’art de la communication d’image, sait très bien que pendant deux semaines, du 7 au 18 novembre, tous les médias qui comptent dans le monde seront focalisés sur cette conférence, sur Marrakech où elle se déroulera, et, plus largement, sur le pays hôte.

Alors, les Marocains se sont mis au travail depuis belle lurette. Dès avant la COP21 de Paris et son accord « historique » du 12 décembre 2015, Hakima El Haite, la ministre déléguée chargée de l’Environnement, participait aux négociations des conférences de Varsovie (COP19, 2013) et de Lima (COP20, 2014).

Multiplication des engagements

De même, dès juin 2015, le royaume fut l’un des premiers pays à annoncer sa contribution à la lutte contre le changement climatique dans la perspective de la COP21, s’engageant à parvenir à une réduction d’au moins 13%, par rapport à 2010, de ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Autres épisodes significatifs: le 20 septembre 2015, Mohammed VI et François Hollande ont signé « l’Appel de Tanger », une déclaration conjointe « pour une action solidaire et forte en faveur du climat ». De mêmeaprès le 2 décembre 2015, jour de l’annonce officielle de la tenue de la COP22 à Marrakech, la mobilisation marocaine s’est rapidement organisée : un appel d’offres a été lancé dès le 29 janvier pour l’aménagement du site de Bab Ighli, le quartier de Marrakech où se déroulera la COP22 ; un Comité de pilotage a été créé le 11 février, sous la présidence de Salaheddine Mezouar, le ministre des Affaires étrangères.

Les préparatifs s’accélèrent depuis mars

Côté préparatifs concrets, le projet d’aménagement du village de la COP22, qui s’étendra sur 25 hectares et qui représente un marché de 700 millions de dirhams (64 millions d’euros), a franchi une première étape le 25 mars dernier : la proposition présentée par le consortium conduit par les agences françaises GL Events et Agence Publics, associées au marocain Capital Event, a été retenue par la commission ad hoc du ministère de l’Intérieur marocain – deux autres concurrents ont été écartés, dont une société de l’homme d’affaires marocain Richard Attias, pourtant réputé pour être « le pape de l’événement » en Afrique.

En ce mois d’avril, la mobilisation marocaine s’est accélérée. Vendredi 8, Salaheddine Mezouar et Hakima El Haite se trouvaient à Paris pour y rencontrer les personnalités françaises impliquées : Ségolène Royal, ministre de l’Écologie et présidente de la COP21, et Jean-Marc Ayrault, qui a succédé à Laurent Fabius au Quai d’Orsay. Lors de la déclaration à la presse qui suivit cette réunion de coordination, le ministre marocain s’est félicité de « la bonne symbiose et la bonne synergie » entre les deux équipes, qui s’entendent parfaitement afin de « travailler ensemble » pour que la COP22 transforme l’essai réussi de la COP21, et aboutisse à des résultats concrets.

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